Il y aura bien un avant, et un après Megaupload
Les droits d’auteur et la propriété intellectuelle sur internet on fait couler beaucoup d’encre dernièrement. Les projets de lois visant à élargir les champs d’action des divers ayants droits, la SOPA (Stop Online Piracy Act) et la PIPA (Protect IP Act) aux USA, sont au cœur des débats et des controverses, suscitant des réactions virulentes de la part des partisans de l’internet libre.
Mais un véritable coup de tonnerre est venu frapper ce sujet déjà assez délicat. Le jeudi 19 janvier à 23h15, le célèbre site de téléchargement et de partage de fichiers Megaupload (mais également les autres sites liés tels que Megavideo) est fermé par la justice américaine pour violation des droits d’auteurs. La nouvelle a entraîné une forte mobilisation de la part des fans sur Facebook et Twitter, mais surtout une réaction prévisible de la part du célèbre groupe d’activistes Anonymous.
En effet, s’attaquer à Megaupload n’implique pas seulement une sanction judicidaire pour un site partageant du contenu illégal. Un grand nombre d’internautes payant pour un accès premium au site se sont vu privés de leur accès et ont exprimé leur mécontentement. Le fondateur du site, Kim « Dotcom » Schmitz, a ainsi été mis en examen, lui et six autres collaborateurs, tandis que ses biens excédant plusieurs dizaines de millions d’euros ont été saisis. Megaupload possédait la plupart de ses serveurs dans des états où la législation est beaucoup plus conciliante (Hong Kong), mais la société en possédait également sur le territoire américain, ce qui a pu permettre au FBI d’intervenir.
Suite à cette fermeture, la réaction d’Anonymous fut quasi-immédiate. Après une annonce sur Twitter, le collectif s’est donc mis à exécution en s’attaquant à plusieurs sites à forte symbolique. Les sites du gouvernement américain, du FBI, de la RIAA (Industrie du disque US), de la MPAA (Industrie US du cinéma), d’Universal Music mais également d’Hadopi sont devenus inaccessibles pour certains, tandis que d’autres ont été fortement ralentis. Selon Anonymous, plus de 5.000 internautes ont participé à l’opération grâce à la mise à disposition de LOIC, un software qui permet d’utiliser sa machine pour lancer des attaques de type déni de service. Selon CNN, l’attaque contre le site du département de la justice a mobilisé plus de 27.000 postes. Enfin, selon Gawker, de simples internautes, qui ont négligemment cliqué sur un lien infecté, ont déclenché l’exécution d’une version web de LOIC. Ils ont donc participé contre leur gré à cette opération.

A l’heure actuelle, nul ne sait si Megaupload refera ou non surface. Un site disponible sur une URL alternative affiche le design du site, et un message annonçant sa réouverture effective prochainement. Globalement, nous n’avons à l’heure actuelle aucune source officielle et certaine.
Finalement, cette nouvelle et l’opération de contre-attaque qui en a découlée sont devenues le sujet d’actualité numéro 1 de ce vendredi 20 janvier 2012. Twitter ne parle plus que de Megaupload, jusqu’au pouvoir politique qui se réjouit de la fermeture du service et annonce des politiques de loi allant dans ce sens, tandis que des mots récurrents reviennent ci-et-là sur le web, « cyberguerre » ou encore « World War Web». La démocratisation de Twitter, et la possibilité de suivre les actions d’autrui de façon quasi-instantanée, a donné une nouvelle dimension à l’interprétation de l’information. Le cybercrime devient un véritable spectacle qui agrandit la fracture sociale entre les « pros » et les « antis ».
Une chose est certaine en tout cas, il y aura bien un avant, et un après Megaupload.